vendredi 16 janvier 2009

On y est presque...




Beaucoup d’eau a glissé sous notre bateau depuis notre dernière mise à jour. Peut-être êtes-vous découragés d’attendre de nos nouvelles. On vous a quitté à Vero Beach, surnommé Velcro Beach par de nombreux voyageurs à cause du choix d’y rester « coller » . On y est resté presque 3 semaines pendant lesquelles on a continué nos préparatifs pour la traversée, mais surtout, on y a reçu de la belle visite de Nycole du Réseau du Capitaine et enfin, Yann et Michèle qui on passé une semaine avec nous sur le bateau. Cette semaine là nous a remplies de joies et leur départ a laissé un grand vide. Plage, promenade, bonne bouffe, petites balades en bateau, contemplation des dauphins… voilà ce qui a fait notre mois. C'est malheureux que toute la famille n'ait pu être réunie cette année, mais on fera certainement un Noël des campeurs cet été, à Montréal, avec Annie et Patrick.


Après le départ de Yann et Michèle, on a continué notre route vers Miami, en s’arrêtant à à Jensen Beach, à Lakeworth, à Boca Raton et enfin à notre ancrage d’aujourd’hui, où nous allons rester jusqu’à ce que la météo nous permette de se lancer dans l’océan. En quatre jours, nous avons dû faire lever 35 ponts à bascules entre lesquels nous devions calculer notre vitesse pour arriver ni trop tôt, ni trop tard. Tout au long de cette route, on a pu contempler les riches demeures.


En cours de route, on a fait deux rencontres importantes : Lady Belle, bateau de Yves et Jeanine, qui ont fait les Bahamas pendant 15 ans et qui nous gratifient de précieux conseils, et Perle d’eau, bateau de Marcel avec qui nous formerons une flotille de départ, en compagnie, probablement d’Absaroque, avec Jean-Pierre et Denise. Ces derniers sont déjà à Biscayne Bay.

Et voilà, on est fin prêt pour le grand départ, la pompe d’eau de mer est installée, la pompe macératrice (pour l’évacuation du réservoir sceptique) aussi. Les achats sont faits. Il ne reste que l’installation du système de transmission radio (Pactor) pour envoyer des courriels par ondes courtes. Ce dernier équipement est très important car nous n’aurons plus de téléphone à partir du moment où nous quitterons les USA. Ce qui n’arrivera pas avant lundi selon les dernières prévisions météo.
Pendant ce temps là, il y a toute une autre vie, parallèle, qui continue à Montréal, dans la neige et le froid. Michèle fait maintenant équipe avec Yann pour la gestion des affaires de la famille. Ils ont parfois des problèmes difficiles à résoudre mais en même temps, ils font un apprentissage dont ils sont fiers, et nous donc! Merci, merci, merci…

À bientôt,

mercredi 24 décembre 2008

Vero Beach - enfin le Sud



Nous sommes enfin à la chaleur. C'est ici à Vero Beach que nous attendons Yann et Michèle. Ils vont beaucoup aimer l'endroit. La plage est superbe, la température idéale. Nous sommes amarrés à une bouée (mooring) avec un autre bateau "à l'épaule". Heureusement, ce sont des gens courtois et discrets. Par contre, il y a deux chiens à bord qui jappent quand les maîtres ne sont pas là. Jusqu'à hier, cela ne nous avait pas trop dérangé, mais les maîtres sont revenus très tard au bateau, et nous avons dû subir les piaillements des chiens toute la soirée.

Nous avons eu de la belle visite cette semaine : Jean-Claude et Gyslaine qui font la tournée de la FLoride en campeur, et pour Noël, Pauline et Michel avec qui restent avec nous quelques jours. Dans le lagon où nous sommes, il y a des crocodiles et des requins, mais je n'en ai pas vu. J'aimerais bien, mais ils ne veulent pas se montrer. Par contre, les dauphins continuent de flirter avec nous parfois. Il y a aussi des mamatee, une sorte de morse, que je n'ai pas vu non plus.

Pour aller à la mer, on prend un autobus de la ville, gratuit, ou on y va en vélo. C'est tout près et la plage est superbe.

Je vous souhaite à tous un joyeux Noël et une belle année.

Merci à tous ceux qui nous envoient des commentaires. Cela nous garde en contact avec vous.

lundi 15 décembre 2008

De St.Augustine à New Smyrna Beach

St-Augustine du 7 au 11 décembre

Une charmante ville côtière. Première ville des Etats-Unis, bâtie par les espagnols, il y a 400 ans. Ses magnifiques bâtisses de style mauresque et ses rues étroites (dans la vieille ville) rappelle certains coins de l’Espagne. Les administrations successives ont fait l’effort de conserver ces vieilles architectures et c’est très agréable.



On a vite fait le tour en vélo et quand on s’éloigne un peu, quand on se laisse porter par l’exploration « hors touriste », on retrouve le style des maisons du sud, pas mal non plus.

Et si on se laisse porter encore un peu plus, on se retrouve dans les quartiers peu nantis, majoritairement noirs et là, ça me rappelle les « cases » qu’on voyait en République Dominicaine. Certaines de ces « cases » ont des toits en tuiles, comme les maisons espagnoles, mais recouvertes de fougères entremêlées de sacs de plastic, probablement pour boucher les fuites.

On est resté ici 4 jours, à l’ancre, avec des vents très forts par moment. Il n’y a qu’une nuit où nous avons dû faire le guet parce qu’un autre bateau s’était mis à l’ancre un peu trop près de nous et il chassait (l’ancre qui glisse) doucement vers nous.


Finalement, il est parti au petit matin, probablement conscient que son ancrage ne tenait pas, avec ce vent là. On l'a suivi peu après...

Daytona Beach et New Smyrna Beach, du 12 au 15 décembre


En arrivant à Daytona, on s’est échoué... encore une fois!!! Juste avant d’arriver à notre point d’ancrage. C’est notre troisième échouage depuis le début de l’Intracostal. Souhaitons que ce soit le dernier. Daytona nous a retenu juste le temps de petits achats au West Marine du coin et au Marché des fermiers (Farmers Market) du samedi matin. On a fait l’acquisition d’un équipement de pêche de base.

Dès le lendemain, on se rend à Smyrna Beach, petit village de plages superbes. En arrivant à la marina, le maître de quai nous informe qu’une petite fête est donnée pour Noël et qu’on est invité. Waow! C’était un buffet « Pot Luck » (À la fortune du Pot), mais on n’a rien apporté… On a quand même goûté à tout, même les « beans ».
Maintenant, le défi est : apprendre à pêcher avant l’arrivée des enfants en janvier. On s’est fait expliquer quels sont les bons poissons et on a acquis un livre de base pour les reconnaître. Je vous jure que vous aurez une photo de notre premier poisson, si la chose se produit!

Voilà, c’est confirmé : les enfants viennent nous rejoindre à Palm Beach dans la première semaine de janvier. Nous y serons donc presque 3 semaines en tout.

En attendant, la chaleur se pointe et le bord de mer nous fait de l'oeil...

Pierre et Françoise, courriel - ve2pbf@hotmail.com

vendredi 5 décembre 2008

La Georgie - Émerveillement et lassitude

Émerveillement devant cette nature sauvage, les dauphins qui nous accompagnent, les pélicans et les cormorans... lassitude du froid et de l'inconfort... émerveillement pour ce ciel toujours bleu et les méandres infinis des rivières... lassitude de ces marécages à perte de vue, jours après jours. Bref, l'arrivée à St-Marys a été un soulagement, comme la fin d'une étape un peu pénible. On a décidé d'y prendre un congé de 2 jours à la marina. On en profite pour mettre le blogue à jour, faire notre lavage, l'épicerie et perdre du temps à boire des cafés latte au village. Le temps est plus doux ici, mais on attend un front froid demain pour notre route vers St-Augustine - La Floride - Il paraît que c'est la plus belle partie de l'intracostal. Je dois vous dire tout de même que j'aurais bien aimé avoir le talent et le télé-objectif de mon amie Hélène pour capter les magnifiques oiseaux de la Georgie, parfois dans des poses tellement cocasses, entre autres les pélicans. Ils ont des mimiques tellement préhistoriques!

Rétrospective - Caroline du Sud -

27 novembre 2008
Notre visite à Columbia, chez Diane et Benoît, nous a donné l’occasion de prendre un bon bain chaud avec le sel de bain que Diane avait acheté tout spécialement à notre intention. Benoît nous fit un pain délicieux selon sa recette. Un gros merci à Diane et Benoît pour toutes les gâteries, de la couture de nappes pour le bateau, jusqu’aux conserves de sauce bolognaise


À notre retour sur Raksha qu’on avait laissé à Isle of Palm pendant 6 jours, il fallut effectuer plusieurs travaux de maintenance : serrer les courroies de la pompe à eau et de l’alternateur, effectuer le changement d’huile et du filtre, installer nos nouvelles lampes à l’huile, faire le plein d’eau et de diesel, etc. Avec le retour du temps doux, on s’est quand même permis une petite randonnée sur la plage, en attendant d’être dans les Bahamas…


28 novembre 2008, position gps : Lat 32 33.545N long 080 24.969 Actuellement, il est 1800 est et il fait déjà noir comme chez le loup. Pour Raksha la louve, c’est même très agréable. Aujourd’hui nous avons navigué de Isle of Palm vers ce lieu paisible où nous avons jeté la pioche, dans la rivière South Edisto. Aucun voisin. Silence total. Seul le vent qui fait vibrer la balancine joue une curieuse de mélodie vient briser ce silence. C’est à la lueur de notre lampe à l’huile que nous écrivons ces quelques lignes, après une journée de navigation et un repos bien apprécié. Lors de notre navigation nous avons pu heureusement éviter les hauts fonds car plusieurs autres voiliers s’y sont échoués. Le canal de l’intracostal (ICWW) est imprévisible malgré les bouées rouges et vertes. Le sable se déplace au gré des marées et courants, si bien que les bouées ne sont souvent que des approximations. Ce matin nous avons pu voir une famille de dauphins qui sont venus s’amuser autour de Raksha. C’était vraiment beau de les voir sortir de l’eau pour replonger. Ici c’est aussi le pays des pélicans et des aigrettes qui survolent l’eau en rase motte. Quel magnifique paysage.


30 nov. 2008 Le vent s’est gonflé durant la nuit, si bien que nous avons dû surveiller la position du bateau. Nuit courte. Ce matin nous avons décidé de rester bien ancré dans la rivière Beaufort en face de la ville. Un vent de 20 à 35 nœuds et un courant de 2 nœuds qui change de 73 à 257 degré à toutes les 6 heures. La météo ne sera favorable qu’à compter de lundi.

Aujourd’hui sera une journée de repos et de paresse au son du vent, légèrement brassé par la houle. Demain matin on lèvera l’ancre vers 0630 et on essayera d’abattre quelques soixante milles et s’approcher de la Georgie. Destination : Cumberland Island et Ste Marys.

Prochaine étape - La Floride - À bientôt la famille et les amis !

samedi 22 novembre 2008

Vers Charleston - Le froid nous poursuit

Et oui, nous avons très froid. Aujourd'hui, la température est sous le point de congélation. Nous sommes vraiment contents d'avoir apporté nos gros vêtements d'hiver. On ne croyait pas avoir à s'en servir et on espérait même laisser ces bagages chez Diane... changement de plan : on va les garder précieusement, quitte à les enfouir dans le fond de la cale dès que la chaleur se fera sentir. Malgré tout, le ciel est presque toujours parfaitement clair. On a eu que très peu de pluie depuis notre départ ce qui fait qu'on peut profiter de la beauté du paysage. Certains vrais sportifs seraient peut-être ravis de s'amuser à monter les voiles dans ces températures là, avec des gros vents par temps clairs. Toutefois, ceux qu'on rencontrent sont aussi timides que nous face à l'inconfort de ces vents instables, surtout qu'on suit des canaux parfois étroits et plein de risques d'échouage.

Résumé de notre parcours depuis Belhaven
Belhaven (9 nov.)

Rencontre de Tiffany Rose, Dave, Shirley et Christopher. Des gens extraordinaires.
On cherchera ensemble le dock des dinghy et ferons jasette ensemble. Belhaven est une petite ville du sud assez typique.

Au rythme du sud
: Pour faire le plein le lendemain matin on se pointe à 8h00 à la seule marina du coin, car on veut partir tôt et faire une bonne route. On attend jusqu’à 10hres pour se faire dire que le gars qui a la clé n’est pas encore entré. Il arrivera vers 11hres. Une fois le plein et le pumpout (vidange du réservoir sceptique) complétés il est midi. On n’a d’autres choix que de retourner s’ancrer au point de départ et attendre au lendemain pour partir. On en profitera pour aller déjeuner et travailler sur internet dans un joli café qui vend aussi des vins sélectionnés et toutes sortes d’articles, des livres jusqu’à la vaisselle.


Premier signal : On voit des pélicans, de plus en plus.


Oriental (10 nov.) - Ancrage entre le pont et le brise lame.
Argo et Piccolo nous rejoignent. Callysto (Jocelyne et Ronald) sont déjà installés au quai de la marina. On prendra le petit déjeuner avec eux. Visite aussi à Argo, Edouard et Mona. C’est curieux de voir ce chassé-croisé des navigateurs qui voguent vers le sud.

Morehead (11 nov.)
Ancrage derrière l’ile, le bateau tourne continuellement à cause de vents et des courants changeants. D’autres bateaux s’approchent dangereusement de Raksha. On doit faire le guet toute la nuit. Au petit matin nous repartons, l’aventure continue. Il faudra décider en cours de route où nous nous arrêterons ce soir. La météo annonce des vents de 4kn (env 45 m/h). Il faudra chercher un abri sûr. Ce sera une marina.

Swansboro (12-15 nov.)
Juste avant d’arriver à Casper’s Marina, en traversant le Bogue Inlett à belle allure (6Kn) nous rencontrons un haut fond de sable sur lequel nous nous échouons de la meilleur façon. Impossible d’en sortir d’autant plus que la marée est baissante. En signifiant le fait à nos amis sur la radio VHF, BoatUS entend la conversation et vient à notre secours. Dans le temps de le dire (10 min) le gars est là et avec ses deux gros moteurs. Il nous tire en propulsant un jet d’eau sous la quille de Raksha. Bravo pour BoatUS et nous nous félicitons d’en être membre. Coût = 0$. La chance continue de nous sourire. Fatigue et météo oblige, on restera à Swansboro 4 jours, une jolie petite ville avec jolies boutiques et resto (Café latté, Hum!). C’est ici, à Swanboro qu’on verra notre premier palmier du voyage, et des grandes aigrettes. On est sur la piste!



Sloop Pte – Surf City (16 nov.)
Sloop Pte est un bras de mer qui s’écarte de l’Intracostal. On s’y réfugie après une bonne journée de navigation. Chemin faisant, on rencontre Sinn Fein, de bons amis avec qui nous jetterons l’ancre. Au petit matin, après les ablutions et manœuvres d’usage nous levons l’ancre et repartons sur l’intracostal vers le sud (en fait, on s’enfonce vers l’ouest...). Aujourd’hui, on a vu un banc de dauphins qui s’amusaient dans la Baie.


Carolina Beach (17 et 18 nov)
Federal pte Yacht Club.
On y restera deux jours car le temps nous annonce des vents importants sur la côte... encore. On en profite pour faire du velo et aller se payer une bonne bouffe chez Tangerine. On fera une petite visite à la mer mais il fait si froid qu’on doit être habillés comme en plein hiver, Parka, tuque et mitaines.
Nos amis Zenith, Absaroque et KaiKeiKi nous y rejoignent.


Enfin la Caroline du Sud (0 degré Celsius)… Myrtle beach North - Coquina Marina, (19 nov)
Bel accueil par Sandra et Bob (72 et 75 ans) qui habitent dans un gros trawler et s’occupent de la marina. Ils nous accueillent avec le sourire en prenant nos amarres. Souper chez Umberto. C’est à se demander si on est dans un centre de ski tellement il fait froid. Les gens interpellent Françoise en la voyant avec son casque de poil et son gros foulard ! Il ne neige pas encore, mais les palmiers en arrachent certainement. Retour sur Raksha. Demain matin on fera le plein à partir des bidons en filtrant le diésel. Puis ce sera la fuite vers le sud avant de prendre en glace. On a hâte d’arriver à la chaleur. Sur le parcours, l'architecture des maisons changent graduellement -les maisons sur pilotis, entre autres, caractérisent bien la côte de la Caroline. Mais il y a aussi les jolies villas qui font rêver.



Prochaine étape : Isle of Palms avant d’aller chez Diane à Columbia le 22 novembre. Entre temps, un magnifique mouillage au milieu des marécages (pas de moustique – le froid) et un autre lever du soleil à couper le souffle!



Bonne semaine et à bientôt...

Réflexion de Capitaine Pierre


La vie des navigateurs

Quand on voit des gens partir en navigation pour des horizons inconnus, la première pensée qui nous vient est ‘’sont-ils tombés sur la tête ou devenus soudainement fous’’. Et puis on se dit qu’un jour peut-être que pour nous aussi ce serait bon de suivre leurs traces. C’est ce qui nous est arrivé.

Derrière le rêve fou il y a aussi une réalité plus âpre qu’il faudra gérer. Le choix du bateau, son équipement pour la sécurité et pour notre confort ne sont que les prémices du voyage. L’apprentissage aux gréements et aux manœuvres, la mécanique du moteur, l’électricité à bord, la plomberie sont autant d’éléments à maîtriser si on veut s’assurer d’une plus grande sécurité. Il faut aussi des fusées de détresse des cornes de brume, des bouées de sauvetage, des VFI, des lignes de survie, des harnais, etc.

En navigation le facteur principal c’est la sécurité car les éléments ne pardonnent pas à celui qui les ignore. Le vent, cet élément si fluide, peut, lorsqu’il monte à plus de 35 nœuds vous brasser passablement et vous jeter sur la côte. La mer lorsqu’elle se monte et devient menaçante avec des vents contraires et ses déferlantes, peut vous coucher un voilier dans le temps de le dire. Les bateaux sont en sécurité lorsqu’ils sont amarrés au port, mais ce n’est pas pour cela qu’ils ont été construits, c’est pour prendre le large. Ils sont généralement construits pour en prendre beaucoup plus que leur équipage.

Alors qu’en est-il lorsqu’on lâche les amarres?
Il y a toujours un certain stress à quitter la terre ferme. Un voilier c’est un peu comme un petit vaisseau spatial qui se meut dans des éléments mouvants et en des territoires inconnus. C’est le plaisir de découvrir à chaque instant de nouvelles situations de nouveaux paysages. C’est aussi l’obligation de rester toujours présent au moment qui passe et de prendre les meilleures décisions.

À bord l’espace est restreint, il faut une discipline rigoureuse pour que tout le matériel soit logé correctement et retraçable facilement. Question d’hygiène, très important, il faut gérer la réserve d’eau, les déchets, le réservoir sceptique. Pour la bouffe aussi il nous faut prévoir et pouvoir conserver les aliments. Le frigo tire 3.5 ampères sur nos batteries qui doivent être régulièrement rechargées par la génératrice, l’éolienne, les panneaux solaire, et si le vent et le soleil nous privent de leur aide, il y a encore l’alternateur du moteur. Le diésel est précieux, il faut économiser. L’eau douce aussi est rare et l’eau chaude encore plus.

Certains navigateurs sont seuls à bord, d’autres en couple et d’autres encore en famille. IL faut beaucoup d’harmonie pour occuper un si petit espace à plusieurs, 12 pi x 35pi. La longueur du bateau est bien relative et dépend aussi des humeurs.

Une journée commence par un bon ménage et tout sécuriser pour que tout ne se retrouve pas par terre au fond du bateau à la fin de la journée quand on s’est bien fait brasser par la houle. Puis il y a les préparatifs : vérifications usuelles du moteur et des gréements. Radio VHF, instruments et pilote automatiques sont mis en marche et vérifiés. On sécurise aussi tout sur le pont et on remonte le moteur du dinghy sur son socle. On s’assure que le plein est fait avec le diésel qu’on a filtré. On s’assure que les voiles sont bien à poste et que tout est prêt.
Puis c’est le départ, on lève l’ancre ou on lâche les amarres et on prend un cap vers la destination prévue.

Qui a dit que naviguer était un rêve? Il faut être de tous les instants présent à ce qui se passe. Anticiper , prévoir, décider, corriger le cap… Mais il y a aussi admirer le paysage, observer les oiseaux et les dauphins, s’extasier devant le soleil levant ou couchant, les couleurs, les nuages, le vent, l’eau et l’infini…
Il y a les merveilleux repas pris à bord, le moments de solitude à la proue du voilier qui file dans le vent…
Mais il y a surtout cette fierté, le soir venu, d’avoir parcouru quarante ou cinquante milles de plus vers l’objectif d’arriver nulle part en particulier!
Perdre la notion du temps, mais toujours savoir où l’on est.
Rencontrer des gens merveilleux qui comme nous, comme les oies sauvages fuient le froid vers des eaux chaudes et limpides. Partager un repas et nos histoires de navigateurs.

Il faut être un petit peu fou, oui je l’avoue!
On rêve tous d’un jour ou l’on pourra être un peu fou!

Pierre

samedi 8 novembre 2008

De Deltaville à BelHaven

Découvrir les villes par la voie des eaux, c’est un autre univers. Lorsqu’on voyage en auto, on entre dans les villes américaines par les autoroutes et le paysage qui nous est offert est affreux : une enfilade de McDonald, TacoBell et autres monstres d’affichages publicitaires. C’est tout ce qu’on en voit. En bateau, on entre dans les villes par le centre historique et souvent le cœur vibrant de la ville, petite ou grosse. C’est presque toujours charmant sauf, bien entendu, les grosses villes portuaires et militaires comme Norfok, qui nous offrent d’autres types de monstres. Au moins, c’est intéressant. Presque tous nos arrêts sont donc colorés du charme des vieux centre-ville. Ça n’a pas été vrai pour Deltaville où nous n’avons jamais trouvé le centre ville. Le centre consistait en un bureau de poste, une quincaillerie, et trois églises. Nous nous sommes quand même beaucoup amusé. On y a fêté l’Halloween avec des amis de SinFein, Cathy, Larry et Maria (photo).


On y a aussi fait des travaux électriques, dégusté des cafés Latté et fait beaucoup de vélo.
Elizabeth City, ensuite, a été un arrêt particulièrement agréable. L’hospitalité des résidents nous a beaucoup impressionné. Tous les jours, les « boaters » sont invités à un vin-fromage offert par le centre des visiteurs. Le maire nous explique sa ville et tous les attraits (et commerces) dont nous pouvons profiter. On vient même nous chercher gratuitement en voiture pour nous amener et nous ramener de l’épicerie (on se rappelle que les épiceries sont loin, loin loin, près des autoroutes!).


Elizabeth City a aussi été une belle étape de rencontre avec des navigateurs que nous aimons revoir ou que nous découvrons. Ronald et Jocelyne de Callisto, avec qui nous sommes allé au cinéma (le pire film que j’ai vu de ma vie – Pride & Glory – n’allez pas voir ça). On y a revu Natalie de la Belle Turbulence, et ce fut une agréable rencontre. On est resté 4 jours, en attendant la fenêtre météo propice pour la traversée de l’Albemarle Sound.


Cet étang d’eau qui requiert presque 4 heures de traversée, est particulièrement dangereux sous certains vents, à cause du peu de profondeur et de l’effet des vagues et des vents sur les fonds qui se déplacent. Aujourd’hui, 8 novembre, on file dans les « swamps » de la Caroline du Nord. On a dormi dans la Rivière Alligator, mais sans voir d’alligators. Il faudra que je demande à Diane de m’expliquer ça! J’aimerais bien en voir, du haut de notre pont…Le paysage change.


Nous sommes passés des feuillus colorés par l’automne en Virginie, aux arbres déséchés et tordus des « swamps » de la Caroline du Nord. On a aussi eu droit à nos premières moustiques. La température est encore fraîche, mais tellement plus confortable que celle de la semaine dernière. On a même dormi sans fermer la porte du bateau (on a un bon moustiquaire…). On arrête à BelHaven pour mettre à jour le blogue, faire le plein de diésel et d’eau et on retourne aux marécages demain matin.

Bonne soirée la famille et les amis…