On est à NewYork (cliquez ici). On a passé l'après-midi d'hier avec Monique, Vincent, et les petites familles de Vincent jr et Christine. Jessica est devenue une très très jolie jeune fille (15 ans déjà) et on reçu une jolie fleur d'Alex et Gabrielle. Monique nous a reçu avec un savoureux et copieux dîner et Françoise a pris une vraie, longue et chaude douche avant de repartir. Je pense qu'on réussira à entrer dans notre programme d'être de retour à la mi-juin. La dernière étape très délicate consiste à démater (coucher le mat ) le bateau pour passer sous les ponts et dans les écluses de la rivière Hudson et, au bout, remater avant d'entrer dans le Lac Champlain. C'est une opération délicate parce que le mât comporte plusieurs branchements électriques qu'il faut défaire et refaire sans se tromper. Il y a aussi les antennes et radar qu'il ne faut pas accrocher en descendant le mât. On se fait aider par des professionnels qui manipulent la grue qui lèvera le mât pour ensuite le coucher, mais on doit faire le travail nous même pour tout le reste de l'opération. On est à l'étape du plan pour la construction des supports de bois.
À très bientôt,
Françoise et Pierre
lundi 1 juin 2009
jeudi 21 mai 2009
Fais du feu dans la cheminée...
Nous avons parcouru l'Intracostal à tout allure. On s'est toutefois fait plaisir en arrêtant à Elizabeth City pour quelques jours. Quel accueil... Le maire de la ville vient rencontrer chaque équipage et nous invite à un 5 à 7 pour nous présenter sa ville et toutes ses activités, entre autre, le festival de la Patate qui aura lieu dès la fin de semaine. Ensuite, Portmouth et Norfolk qui marque la fin de l'Intracostal et le début de la Baie de Chasepeake.
Nous sommes aujourd'hui à Solomon, dans la grande Baie du Chasepeake (cliquez ici...) À l'automne, on avait passé tout le mois d'octobre dans cette baie magnifique. Aujourd'hui, on y passe en coup de vent puisqu'on s'est donné une échéance, la mi-juin, pour être à Montréal. Il faut filer vite. On fait donc de grosses journées de 7 à 8 heures de navigation. On ressent toutefois la fatigue et on devra certainement se reposer de temps en temps. En même temps, on se dit que la météo pourrait nous y forcer de toute façon. Il fait très beau en ce moment. Froid mais beau.
Le retour... cela nous fait vivre de drôles de sentiments. Quel est le sentiment dominant? Celui du plaisir de retrouver ceux qu'on aime, le sentiment de deuil, de l'impatience de revenir, une certaine tristesse, la peur de revenir aussi, le sentiment que chaque moment qui passe, chaque paysage, chaque rencontre... sont uniques, précieux, et échappés. Nos souvenirs sont déjà confus tant il y en a. On a très hâte de revoir notre monde, nos enfants surtout, nos amis, notre univers... En même temps, c'est la fin de quelque chose qui a été vraiment très spécial. Aussi, on ne peut s'empêcher de penser à l'après... de quoi sera t-il fait? Quelle sera notre vie après ce voyage?
À très bientôt,
Nous sommes aujourd'hui à Solomon, dans la grande Baie du Chasepeake (cliquez ici...) À l'automne, on avait passé tout le mois d'octobre dans cette baie magnifique. Aujourd'hui, on y passe en coup de vent puisqu'on s'est donné une échéance, la mi-juin, pour être à Montréal. Il faut filer vite. On fait donc de grosses journées de 7 à 8 heures de navigation. On ressent toutefois la fatigue et on devra certainement se reposer de temps en temps. En même temps, on se dit que la météo pourrait nous y forcer de toute façon. Il fait très beau en ce moment. Froid mais beau.
Le retour... cela nous fait vivre de drôles de sentiments. Quel est le sentiment dominant? Celui du plaisir de retrouver ceux qu'on aime, le sentiment de deuil, de l'impatience de revenir, une certaine tristesse, la peur de revenir aussi, le sentiment que chaque moment qui passe, chaque paysage, chaque rencontre... sont uniques, précieux, et échappés. Nos souvenirs sont déjà confus tant il y en a. On a très hâte de revoir notre monde, nos enfants surtout, nos amis, notre univers... En même temps, c'est la fin de quelque chose qui a été vraiment très spécial. Aussi, on ne peut s'empêcher de penser à l'après... de quoi sera t-il fait? Quelle sera notre vie après ce voyage?
À très bientôt,
mercredi 6 mai 2009
L'eau qui coule
Des merveilles oubliées
Vous êtes-vous déjà émerveillé devant un bol de toilette?
Que fait-on, sur un bateau, lorsque la toilette se brise? On revient à l'ancienne méthode du pot de chambre !!! Mais il y a un Hic! Un bateau, ça bouge...
Ce matin, Pierre et moi avons réparé la toilette qui ne voulait plus collaborer depuis 2 jours. Quelle merveille! Il y a de l'eau dedans... et l'eau (et le reste) accepte de disparaître quand on pompe un peu... OH oui, quelle merveille!
Bien sur, on doit faire abstraction de l'étape peu reluisante du démontage de la dite toilette...
Emportés par le courant
Le petit moteur de notre dinghy nous fait des misères depuis quelques jours, mais on s'en sortait quand même bien. En sacrant un peu... un tout petit peu... mais on arrivait à bon port à chaque fois. À chaque sortie, on se disait bien qu'il faudrait y mettre du temps et trouver un mécanicien. En attendant, on tentait différents trucs et recettes que nous donnaient nos amis.
Cet après-midi, après une petite journée de navigation entre Cape Fear et Wrightville Beach, on quitte notre ancrage avec Petit Dinghy chéri. Tout va très bien... (surtout qu'on est si heureux et conscient de notre statut de privilégiés depuis qu'on a réparé la toilette).
La petite promenade terminée, on reprend notre dinghy... Désespoir, trahison, damnation... Le moteur de Petit Dinghy refuse d'embrayer.
On décide de revenir à la rame. Jusque là, c'est pas grave, même si le bateau est à une bonne distance. Le problème se pose après quelques mètres d'un très fort courant qui refuse de nous laisser approcher de notre bateau. Trop tard pour attendre de l'aide. On se relaie aux rames, mais on voit bien qu'on n'y arrivera pas...
Grand débat sur les différentes alternatives de sauvetage. On fini par adopter la stratégie du lézard. On réussit à atteindre l'autre rive, mais trop loin de notre bateau. De là, on s'est accroché aux structures des quais et on a "rampé" sous les quais jusqu'à ce qu'on ait remonté la rivière suffisamment pour se laisser porter jusqu'au bateau.
Alors demain, on trouve le foutu mécanicien...
À bientôt,
Françoise et Pierre,
de Wrightville Beach, Caroline du Nord (très jolie plage avec des tas de jeunes surfeurs)
Vous êtes-vous déjà émerveillé devant un bol de toilette?
Que fait-on, sur un bateau, lorsque la toilette se brise? On revient à l'ancienne méthode du pot de chambre !!! Mais il y a un Hic! Un bateau, ça bouge...
Ce matin, Pierre et moi avons réparé la toilette qui ne voulait plus collaborer depuis 2 jours. Quelle merveille! Il y a de l'eau dedans... et l'eau (et le reste) accepte de disparaître quand on pompe un peu... OH oui, quelle merveille!
Bien sur, on doit faire abstraction de l'étape peu reluisante du démontage de la dite toilette...
Emportés par le courant
Le petit moteur de notre dinghy nous fait des misères depuis quelques jours, mais on s'en sortait quand même bien. En sacrant un peu... un tout petit peu... mais on arrivait à bon port à chaque fois. À chaque sortie, on se disait bien qu'il faudrait y mettre du temps et trouver un mécanicien. En attendant, on tentait différents trucs et recettes que nous donnaient nos amis.
Cet après-midi, après une petite journée de navigation entre Cape Fear et Wrightville Beach, on quitte notre ancrage avec Petit Dinghy chéri. Tout va très bien... (surtout qu'on est si heureux et conscient de notre statut de privilégiés depuis qu'on a réparé la toilette).
La petite promenade terminée, on reprend notre dinghy... Désespoir, trahison, damnation... Le moteur de Petit Dinghy refuse d'embrayer.
On décide de revenir à la rame. Jusque là, c'est pas grave, même si le bateau est à une bonne distance. Le problème se pose après quelques mètres d'un très fort courant qui refuse de nous laisser approcher de notre bateau. Trop tard pour attendre de l'aide. On se relaie aux rames, mais on voit bien qu'on n'y arrivera pas...
Grand débat sur les différentes alternatives de sauvetage. On fini par adopter la stratégie du lézard. On réussit à atteindre l'autre rive, mais trop loin de notre bateau. De là, on s'est accroché aux structures des quais et on a "rampé" sous les quais jusqu'à ce qu'on ait remonté la rivière suffisamment pour se laisser porter jusqu'au bateau.
Alors demain, on trouve le foutu mécanicien...
À bientôt,
Françoise et Pierre,
de Wrightville Beach, Caroline du Nord (très jolie plage avec des tas de jeunes surfeurs)
dimanche 3 mai 2009
mercredi 15 avril 2009
Derniers jours dans les Bahamas
Nous sommes à Green Turtle Island, Abacos, dans la baie de Black Sound. Nous sommes amarrés à la marina de Leeward Yatch Club. La nuit dernière, on a profité d’un spectacle grandiose. En effet, dame nature nous a gratifié d’un feu d’artifice de plusieurs heures. Le ciel s’illuminait comme en plein jour en alternance avec une noirceur absolue. Au début, on n’entendait aucun grondement, pendant quelques heures, ce qui donnait un jeu de lumière difficilement attribuable à un orage électrique. On se demandait quel pouvait être ce phénomène, trop intense pour être artificiel. Et puis, le tonnerre a commencé à se faire entendre, et ensuite la pluie, mais quelle pluie! La première pluie depuis janvier… À 2h30 du matin, la baie voisine de la nôtre, White Sound, située à peine à 2 kilomètres, a été secouée par des rafales d’environ 80 km/h, alors que nous dormions tranquillement, sous un vent d’à peine 30 km/h, juste à côté. On appelle ça un « squall ».
Dimanche prochain, on va traverser le Golf Stream, en direction de Cap Canaveral. Nous serons en flotille avec Callisto. La météo nous indique que dimanche sera une bonne fenêtre pour partir. Nous arriverons à Cap Canaveral lundi matin. Les vents seront favorables (20 nœuds sud est), les vagues longues (8 pieds, 11 secondes) et la direction des uns et des autres « adonnent » bien. D’autres « squalls » sont attendus lundi prochain en soirée. Nous suivrons de près l’évolution des prévisions météo, croyez-moi!
Récapitulation
Depuis notre dernier envoi, nous avons « flotté » entre différentes îles. Nous avons visité Spanish Well, en passant par Royal Island, Little Harbour, HopeTown, Great Guana Cay et enfin Green Turtle Island, où nous serons jusqu’à demain. Spanish Well --- Jolie petite île peuplée par des anciens loyalistes qui se sauvaient de la Caroline lors de la guerre d’indépendance. Donc, île de blancs. On s’y promène en « golf cart ». Jocelyne (de Callisto avec qui nous « copinons » d’île en île) et moi, on se voyait bien s’installer sur cette île, y faire une petite plantation de bananes, d’avocat, d’ananas ou de manguiers… avec un petit café où on aurait du vrai bon café (ce qui est rare ici). Peut-être même quelques vignes. Il y a de la place pour ça ici. Malheureusement, les terres sont hors de prix. J’en ai quand même rêvé quelques jours avant de reconnaître l’utopie!
Little Harbour --- Une petite traversée océane de 8 heures entre Eleuthera et Les Abacos nous y amène. Pendant la traversée, Ron (Callisto) réussit à attraper un Mahimahi (aussi appelé Dolfin fish ou Dorade) de 52 pouces, ce qui est trop gros pour eux tout seul! On est content d’avoir des amis comme ça…
Little Harbour nous a étonné. On a l’impression d’être dans un endroit isolé, au bout de nulle part. Il s’y trouve pourtant une impressionnante fonderie de bronze artisanale qui fonctionne depuis 3 générations de sculpteurs. Ils ont aménagé le site de façon chaleureuse et accueillante pour les visiteurs. Il y a une galerie-boutique et nous pouvons suivre tout le processus de fonderie. Sur cette île, nous retrouvons Maya (Armand et Sharon avec qui nous avons fait les Exumas) et Charlot (Charles, Nancy, Victor et Xavier, rencontrés à Governors).
Hope Town --- C’est le top de toutes les îles. La plus jolie, la plus charmante, la plus chère aussi. Ici aussi, je m’y verrais installée. Mais… oublions ça voulez-vous… C’est ici que Pierre a fêté ses 70 ans. avec Jocelyne et Ronald (Callisto). Jocelyne nous a reçu avec un vrai brunch québécois (œufs miroir, bacon, toast, beans et café au lait).
On y est resté ici presqu’une semaine. Une semaine de bonheur. Plage, excursion en vélo, exploration pédestre, visite du phare, du musée.
Aujourd’hui, nous sommes à Green Turtle. Nous quittons demain pour aller prendre la position de départ à Great Sale Cay. Nous serons prêts. même l'éolienne qui nous a tant fait défaut sera fonctionnelle à nouveau, grâce à l'habileté de Pierre.
La prochaine fois que nous écrirons, nous serons aux Etats-Unis.
Pierre et Françoise
lundi 23 mars 2009
De George Town à Éleuthera
Stocking Island, "Sand Dollar beach", 7 mars 08 Une belle rencontre d'amis au St-Francis, Georgetown, 7 mars 08
Le 12 mars, à Staniel Cay, Pierre réussissait à prendre ce magnifique poisson, un "Queentrigger fish". Tellement beau, qu'on a vraiment pensé à le remettre à l'eau. Mais, le pauvre poisson était trop blessé pour en survivre. On l'a donc mangé.
Cela m'a fait pensé à la délicieuse Raie qu'on avait mangé chez Christine il y a quelques années. Malgré cela, je ne veux plus jamais pêcher ce poisson là... C'est une horreur à dépecer. Les os, très dur et épais, se prolonge dans les ailerons et dans le crâne. J'aurais eu besoin d'une machette pour en venir à bout.
Nous sommes maintenant à Governors Harbour, ancienne capitale des Bahamas avant Nassau. C'est une petite ville charmante et accueillante. Les gens y sont chaleureux et avenants. Même les chiens qui s'y promènent en meute sont gentils. Les enfants sont souriants et joueurs. À chaque rencontre, même sur la rue, on est salué. On a le sentiment qu'ils sont fiers que nous soyons venus chez eux. C'est vraiment très agréable, d'autant plus que l'honnêteté ici semble une valeur sure. D'ailleurs, partout aux Bahamas, mis à part Nassau, on a eu ce sentiment de sécurité.
À bientôt
Françoise et Pierre
vendredi 13 mars 2009
À la recherche du colis perdu …
À la mi-janvier, ma petite sœur Diane propose de nous envoyer quelques DVD de films, pour agrémenter nos soirées sur le bateau. Youppie! Quel beau cadeau! On dit oui à cette proposition alléchante. Mais comment faire et où les envoyer. On est, à cette époque, en attente d’une fenêtre météo propice pour la traversée du Golf Stream. Je propose donc à Diane de nous envoyer ce colis à Nassau qui, dans ma tête est certainement une grande ville bien organisée. Quelques jours plus tard, nous voici donc à Nassau. Nous sommes un peu surpris de constater que ce n'est pas si grand que ça et surtout, assez débraillé. Je me pointe au bureau de poste. Derrière le comptoir, je vois plein de boîtes de carton, débordantes de lettres pêle-mêle et je me dis que ça a l’air d’un beau fouillis, mais probablement qu’ils ont un « système » qui leur convient. Notre colis n’y est pas encore, mais c’est pas grave puisqu’on est là pour plusieurs jours. La météo nous retient sur place. À la fin de notre séjour, j’y retourne et le colis n’y est toujours pas. Il y a bien 10 jours que le colis a été posté.
Je parle au superviseur, le seul apte à savoir quoi faire semble t-il et je demande donc que le colis soit redirigé vers Staniel Cay. « il y a bien un bureau de poste à Staniel Cay, n’est-ce pas? » et il me répond : « certainement madame et cela ne prendra que 3 jours à partir d’ici ». Il me fait écrire, sur un petit bout de papier déchiré, mon nom et le nom de la ville où je veux que le colis soit redirigé. Où va ce papier? Comment feront-ils le lien entre ce papier et mon colis parmi cet amoncellement de lettres et de colis épars? Ils ont certainement un système!
Deux semaines plus tard, on arrive à Staniel Cay. Enfin, on aura des films! Et pas n’importe lesquels… ils ont été spécialement sélectionnés pour nous par Diane. On anticipe déjà nos douillettes petites soirées de cinéma maison, avec le doux tangage de Raksha.
D’abord, il faut trouver le bureau de poste. Dans le guide, c’est indiqué : maison verte! Bon… Il y a des maisons jaunes, vertes, roses et bleues (c’est assez joli d’ailleurs). On s’informe auprès d’un individu, blanc et prospère, qui conduit une voiturette de golf, véhicule généralement utilisé par les résidents.
« Madame, il n’y a pas de bureau de poste à Staniel Cay » qu’il me répond. Vous devinez mon désarroi!
« Mais oui, Monsieur il y a un bureau de poste. C’est dans le guide et le maître de poste de Nassau me l’a confirmé »
« Je sais de quoi je parle… Ça fait 10 ans que j’habite ici » répond le monsieur blanc et prospère.
Oh làlà… qu’est-ce que c’est que cette histoire?
Je cherche quand même la maison verte et j'interroge un vrai Bahamien de Staniel Cay. « Mais oui madame, il y a un bureau de poste. C’est la maison verte! »
La maison verte? Quelle maison verte? Où ça, la maison verte?
« Vous tournez là et ensuite là et après... vous suivez le chemin de pierre, vous allez arriver dans la cour de la maison de la maîtresse de poste » HA! « C’est là le bureau de poste? »
« Non madame, ça c’est la maison de la maîtresse de poste. Il n’y a personne au bureau de poste en ce moment (il est 10h00 am). Elle y sera peut-être à 11h00, mais à midi elle partira dîner et reviendra peut-être à 14h30»
« Et à quelle heure est-ce que ça ferme ? »
« À 16h00 » dit-il.
Je rencontre donc la maîtresse de poste chez elle, mais bref, pas de colis au bureau de poste de Staniel Cay. Mais nous sommes entre de bonnes mains, car la maîtresse de poste est aussi la police de la ville et elle s’implique beaucoup dans la communauté. Elle nous a conduit jusqu’à l’épicerie en voiturette de golf et en nous attendant, elle a lavé le plancher de l’épicerie. Ça, c’est de la polyvalence!
Trois jours plus tard, avant de quitter pour Georges Town, je retourne voir la maîtresse de poste, chez elle puisque je ne trouve toujours pas le bureau de poste. J’y rencontre sa mère qui tient lieu d’intérimaire. Elle ne me demande pas mon nom, elle sait qui je suis… la fille du colis perdu… Toujours pas de colis, mais la démarche a été faite auprès de Nassau et le colis devrait être en route. « En tout cas, il n’est pas à Nassau » me dit-on!
Je demande donc que le colis soit redirigé vers Georges Town, puisque nous y serons au moins 2 semaines. On me fait écrire mon nom, encore une fois sur un petit bout de papier déchiré. Où va ce papier? Ont-ils un système?
La maîtresse de poste de Georges Town a donc eu l’occasion de me connaître aussi. Plusieurs fois j’ai demandé qu'elle fasse la recherche pour moi auprès de Nassau et de Staniel Cay… Pas de colis…
Nous voici maintenant de retour à Staniel Cay, aujourd’hui le 13 mars. Une petite visite à la maman de la maîtresse de poste et ensuite à la maîtresse de poste elle même dans sa voiture de police. Toujours rien.
Je n’aurai pas mon colis… Mais le vrai sens de toute cette histoire, c’est que j’ai eu beaucoup de plaisir à m’immiscer dans un petit coin de la vie Bahamienne grâce à cette aventure. Alors merci Diane pour cette belle opportunité que tu m’as donné de « chercher un colis perdu ». Les Bahamiens que j’ai rencontrés dans leur quotidien (je ne les ai pas tous nommés) ont tous été d’une grande gentillesse et sincères dans le désir de nous aider. C’est juste qu’ils sont vraiment désorganisés. En fait, ont-ils besoin d’être plus organisé? Probablement pas.
Lundi le 9 mars,
Nous quittons Georges Town ce matin. Nous entreprenons notre périple de retour. Selon les prévisions météo nous prendrons les décisions relatives à notre mode de navigation. On s’attend à des vagues de 4 à 6 pieds de 3 secondes et un vent nord est de 15 à 20 nœuds. Au terme de notre navigation nous laisserons Raksha à Indiantown en Floride à la fin mai et nous rentrerons en auto après avoir préparé Raksha (sortie de l’eau, lavage, préparation pour son entreposage).
Sur le chemin du retour nous explorerons encore différents coins des Exumas puis, de Warderick Well, nous passerons dans les Eleutheras et les Abacos. Pour finir, nous reprendrons la mer en remontant le Gulf Steam vers Jupiter Inlet pour remonter la rivière vers Indiantown.
Nous pensons souvent à vous tous qui nous suivez et vous demandez ce que ça peut bien être de vivre une telle aventure. Eh bien il y a de grandes joies mais aussi nous pensons à vous qui profitez de confort douillet, de lits avec des draps secs, de l’eau courante et de l’électricité en abondance, et de toutes les facilités de la vie de citadins. Ici les repas sont souvent des Touttsky (tout ce qui reste).
Un jour nous avons décider de troquer le confort contre les couchers de soleil et l’eau émeraude, l’air salin, les plongées en mer avec les poissons de toutes sortes, le ciel plein d’étoiles la nuit, la rencontre de gens extraordinaires vivant dans les iles. La température cette année aux Bahamas est telle que les plongées et les baignades sont rares. Il ne pleut jamais, mais il y a toujours un fond de fraîcheur. Nous reviendrons quand même la tête remplie de souvenirs et nos pensées seront remplies d’idées de repartir vers des cieux lointains.
Vivre pleinement avant de mourir et mourir un jour en vivant pleinement.
_______________________________________
Samedi, 7 mars 2009.
Nous sommes encore à Georges Town, ancré devant le Monument dans le port. Il doit bien y avoir quelques centaines de voiliers et quelques bateaux moteurs répartis tout le long de Stocking Island. Il existe ici une communauté de navigateurs qui passent l’hiver à Georges Town et qui organisent entre eux plein d’activités, de jeux et de compétitions de toutes sortes.
Aujourd’hui c’était le jour du coconut. Le jeux consistait à ramasser le plus de noix de coco possible dans son dinghy (petite embarcation de type Zodiac accrochée à l’arrière des voiliers). Au début on lâche dans la crique quelques centaines de noix de coco, certaines sont roses et valent plus de point. On n’a pas le droit de voler celles des autres concurrents mais on a le droit de lancer de l’eau à la chaudière dans les autres dinghy, ce qui a pour effet de faire flotter à rebord les noix de coco qui retombent alors hors du dinghy. On peut alors les prendre. C’est une compétition très savoureuse.
Les bateaux changent souvent de place pour s’ancrer ailleurs comme à Kidd Cove, plus près de la ville de Georges Town. Nous y faisons le lavage, le marché, l’approvisionnement en eau avec des bidons de 6 gallons, en diesel, en propane (le mercredi à 1100am). On a aussi besoin de gasoline pour la génératrice qui nous permet de charger nos batteries. Les fils de l’hydro-Québec ne se rendent pas au bateau.
Tout compte fait pour survivre en bateau il faut penser et anticiper car il n’y a pas de ressource partout.
L’internet est rare et skype encore plus. On a un téléphone cellulaire de Batelco (cie de téléphone des Bahamas) à carte. Le coût d’utilisation est de $3.00 can. par min le jour et la moitié le soir.
Heureusement on a à bord un radio transmetteur amateur qui nous permet de communiquer avec le Réseau du Capitaine le matin entre 0700h et 0830h. Aussi on peut envoyer et recevoir par radio des messages textes sur le réseau winlink relié au réseau internet. C’est un outil essentiel pour rester en lien lorsqu’on est en mer ou sans wifi.
Je parle au superviseur, le seul apte à savoir quoi faire semble t-il et je demande donc que le colis soit redirigé vers Staniel Cay. « il y a bien un bureau de poste à Staniel Cay, n’est-ce pas? » et il me répond : « certainement madame et cela ne prendra que 3 jours à partir d’ici ». Il me fait écrire, sur un petit bout de papier déchiré, mon nom et le nom de la ville où je veux que le colis soit redirigé. Où va ce papier? Comment feront-ils le lien entre ce papier et mon colis parmi cet amoncellement de lettres et de colis épars? Ils ont certainement un système!
Deux semaines plus tard, on arrive à Staniel Cay. Enfin, on aura des films! Et pas n’importe lesquels… ils ont été spécialement sélectionnés pour nous par Diane. On anticipe déjà nos douillettes petites soirées de cinéma maison, avec le doux tangage de Raksha.
D’abord, il faut trouver le bureau de poste. Dans le guide, c’est indiqué : maison verte! Bon… Il y a des maisons jaunes, vertes, roses et bleues (c’est assez joli d’ailleurs). On s’informe auprès d’un individu, blanc et prospère, qui conduit une voiturette de golf, véhicule généralement utilisé par les résidents.
« Madame, il n’y a pas de bureau de poste à Staniel Cay » qu’il me répond. Vous devinez mon désarroi!
« Mais oui, Monsieur il y a un bureau de poste. C’est dans le guide et le maître de poste de Nassau me l’a confirmé »
« Je sais de quoi je parle… Ça fait 10 ans que j’habite ici » répond le monsieur blanc et prospère.
Oh làlà… qu’est-ce que c’est que cette histoire?
Je cherche quand même la maison verte et j'interroge un vrai Bahamien de Staniel Cay. « Mais oui madame, il y a un bureau de poste. C’est la maison verte! »
La maison verte? Quelle maison verte? Où ça, la maison verte?
« Vous tournez là et ensuite là et après... vous suivez le chemin de pierre, vous allez arriver dans la cour de la maison de la maîtresse de poste » HA! « C’est là le bureau de poste? »
« Non madame, ça c’est la maison de la maîtresse de poste. Il n’y a personne au bureau de poste en ce moment (il est 10h00 am). Elle y sera peut-être à 11h00, mais à midi elle partira dîner et reviendra peut-être à 14h30»
« Et à quelle heure est-ce que ça ferme ? »
« À 16h00 » dit-il.
Je rencontre donc la maîtresse de poste chez elle, mais bref, pas de colis au bureau de poste de Staniel Cay. Mais nous sommes entre de bonnes mains, car la maîtresse de poste est aussi la police de la ville et elle s’implique beaucoup dans la communauté. Elle nous a conduit jusqu’à l’épicerie en voiturette de golf et en nous attendant, elle a lavé le plancher de l’épicerie. Ça, c’est de la polyvalence!
Trois jours plus tard, avant de quitter pour Georges Town, je retourne voir la maîtresse de poste, chez elle puisque je ne trouve toujours pas le bureau de poste. J’y rencontre sa mère qui tient lieu d’intérimaire. Elle ne me demande pas mon nom, elle sait qui je suis… la fille du colis perdu… Toujours pas de colis, mais la démarche a été faite auprès de Nassau et le colis devrait être en route. « En tout cas, il n’est pas à Nassau » me dit-on!
Je demande donc que le colis soit redirigé vers Georges Town, puisque nous y serons au moins 2 semaines. On me fait écrire mon nom, encore une fois sur un petit bout de papier déchiré. Où va ce papier? Ont-ils un système?
La maîtresse de poste de Georges Town a donc eu l’occasion de me connaître aussi. Plusieurs fois j’ai demandé qu'elle fasse la recherche pour moi auprès de Nassau et de Staniel Cay… Pas de colis…
Nous voici maintenant de retour à Staniel Cay, aujourd’hui le 13 mars. Une petite visite à la maman de la maîtresse de poste et ensuite à la maîtresse de poste elle même dans sa voiture de police. Toujours rien.
Je n’aurai pas mon colis… Mais le vrai sens de toute cette histoire, c’est que j’ai eu beaucoup de plaisir à m’immiscer dans un petit coin de la vie Bahamienne grâce à cette aventure. Alors merci Diane pour cette belle opportunité que tu m’as donné de « chercher un colis perdu ». Les Bahamiens que j’ai rencontrés dans leur quotidien (je ne les ai pas tous nommés) ont tous été d’une grande gentillesse et sincères dans le désir de nous aider. C’est juste qu’ils sont vraiment désorganisés. En fait, ont-ils besoin d’être plus organisé? Probablement pas.
Lundi le 9 mars,
Nous quittons Georges Town ce matin. Nous entreprenons notre périple de retour. Selon les prévisions météo nous prendrons les décisions relatives à notre mode de navigation. On s’attend à des vagues de 4 à 6 pieds de 3 secondes et un vent nord est de 15 à 20 nœuds. Au terme de notre navigation nous laisserons Raksha à Indiantown en Floride à la fin mai et nous rentrerons en auto après avoir préparé Raksha (sortie de l’eau, lavage, préparation pour son entreposage).
Sur le chemin du retour nous explorerons encore différents coins des Exumas puis, de Warderick Well, nous passerons dans les Eleutheras et les Abacos. Pour finir, nous reprendrons la mer en remontant le Gulf Steam vers Jupiter Inlet pour remonter la rivière vers Indiantown.
Nous pensons souvent à vous tous qui nous suivez et vous demandez ce que ça peut bien être de vivre une telle aventure. Eh bien il y a de grandes joies mais aussi nous pensons à vous qui profitez de confort douillet, de lits avec des draps secs, de l’eau courante et de l’électricité en abondance, et de toutes les facilités de la vie de citadins. Ici les repas sont souvent des Touttsky (tout ce qui reste).
Un jour nous avons décider de troquer le confort contre les couchers de soleil et l’eau émeraude, l’air salin, les plongées en mer avec les poissons de toutes sortes, le ciel plein d’étoiles la nuit, la rencontre de gens extraordinaires vivant dans les iles. La température cette année aux Bahamas est telle que les plongées et les baignades sont rares. Il ne pleut jamais, mais il y a toujours un fond de fraîcheur. Nous reviendrons quand même la tête remplie de souvenirs et nos pensées seront remplies d’idées de repartir vers des cieux lointains.
Vivre pleinement avant de mourir et mourir un jour en vivant pleinement.
_______________________________________
Samedi, 7 mars 2009.
Nous sommes encore à Georges Town, ancré devant le Monument dans le port. Il doit bien y avoir quelques centaines de voiliers et quelques bateaux moteurs répartis tout le long de Stocking Island. Il existe ici une communauté de navigateurs qui passent l’hiver à Georges Town et qui organisent entre eux plein d’activités, de jeux et de compétitions de toutes sortes.
Aujourd’hui c’était le jour du coconut. Le jeux consistait à ramasser le plus de noix de coco possible dans son dinghy (petite embarcation de type Zodiac accrochée à l’arrière des voiliers). Au début on lâche dans la crique quelques centaines de noix de coco, certaines sont roses et valent plus de point. On n’a pas le droit de voler celles des autres concurrents mais on a le droit de lancer de l’eau à la chaudière dans les autres dinghy, ce qui a pour effet de faire flotter à rebord les noix de coco qui retombent alors hors du dinghy. On peut alors les prendre. C’est une compétition très savoureuse.
Les bateaux changent souvent de place pour s’ancrer ailleurs comme à Kidd Cove, plus près de la ville de Georges Town. Nous y faisons le lavage, le marché, l’approvisionnement en eau avec des bidons de 6 gallons, en diesel, en propane (le mercredi à 1100am). On a aussi besoin de gasoline pour la génératrice qui nous permet de charger nos batteries. Les fils de l’hydro-Québec ne se rendent pas au bateau.
Tout compte fait pour survivre en bateau il faut penser et anticiper car il n’y a pas de ressource partout.
L’internet est rare et skype encore plus. On a un téléphone cellulaire de Batelco (cie de téléphone des Bahamas) à carte. Le coût d’utilisation est de $3.00 can. par min le jour et la moitié le soir.
Heureusement on a à bord un radio transmetteur amateur qui nous permet de communiquer avec le Réseau du Capitaine le matin entre 0700h et 0830h. Aussi on peut envoyer et recevoir par radio des messages textes sur le réseau winlink relié au réseau internet. C’est un outil essentiel pour rester en lien lorsqu’on est en mer ou sans wifi.
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